Introduction
Les tortues marines ont un mode de vie étonnant et encore
mal connu. Passant toute leur vie en mer, à l’exception
des femelles adultes qui en émergent brièvement pour
venir pondre, capables de traverser des océans, elles peuvent
attendre 50 ans avant de se reproduire.
En Polynésie française, la tortue (honu) est sacrée
(tabu) depuis l’origine des temps.
Bien que protégée par la convention de Washington
et la réglementation territoriale, la tortue est actuellement
menacée d’extinction si nous n’y prenons pas garde.
Les espèces
Deux espèces de tortues s’observent régulièrement
en Polynésie : la tortue verte et la tortue imbriquée.
L’espèce que l’on rencontre le plus fréquemment
dans le lagon de Bora Bora ainsi que dans la lagune du Méridien
est la tortue verte ou Chelonia mydas. Elle doit son nom à la
couleur verte de sa graisse.
La tortue verte mesure entre 80 et 150 cm pour 230 kg environ.
Durant sa première année de vie, la tortue verte
vit près de la surface de l’océan où elle
se nourrit de nombreux organismes planctoniques : méduses,
mollusques… Ce régime zoophage (carnivore) correspond aux
besoins de croissance rapide d’un jeune animal.
Toutefois, à Bora Bora les jeunes tortues restent difficiles à observer.
Au bout de quelques années, les tortues vertes sont capables
d’aller en profondeur et elles s’adaptent alors à un nouveau
mode de vie. Cette espèce devient donc peu à peu
phytophage avec un régime alimentaire exclusivement végétarien
; elle broute dans des pâtures d’algues, dans des sites bien
particuliers.
Cette alimentation est responsable de son développement
lent comparé à celui des autres espèces de
tortues qui se nourrissent principalement d’animaux marins.
A Bora Bora, il n’a jamais été observé de
tortue de moins de 30 cm de longueur ce qui implique que les bébés
tortues partent pour revenir une fois leur croissance effectuée.
La période entre leur naissance et leur taille d’adulte
reste donc une période assez mystérieuse pour les
observateurs du Méridien.
La deuxième espèce présente au centre de protection
est la tortue imbriquée quant à elle (Eretmochelys
imbricita) mesure moins de 90 cm et pèse en moyenne 50 kg.
On la reconnaît à son bec crichu et à la beauté de
ses écailles. Elle nage près des côtes pour
se nourrir de crabes, poissons, éponges, coquillages, etc
Aucune ponte n’a à ce jour été observée à Bora
Bora, malgré leur présence assez importante.
Reproduction et ponte
Selon les études scientifiques d’autres continents, pendant
l’accouplement en mer, le mâle s’accroche à la carapace
de la femelle. Toutefois, l’accouplement ne semble pas se faire
dans les eaux de Bora Bora, puisque aucun n’a pu jusqu’alors en
observer.
Les tortues pondent sur les plages tout au long de l’année
mais on peut remarquer à Bora Bora que les périodes
les plus propices restent de novembre à janvier.
Au Méridien Bora Bora on peut observer la ponte des tortues
derrière l’hôtel. Les tortues franchissent le récif,
traversent le lagon, franchissent la plage et le haut du platier
et se dirigent vers le pied des plantes de Miki Miki. Les femelles
commencent leur périple vers 18h00 pour achever leur ponte
une heure et demie plus tard envrion.
Avant de pondre, les tortues femelles cherchent la place qui convient
le mieux pour déposer leurs œufs. Leur choix étant
fait, les femelles aménagent une large cavité corporelle à l’aide
des deux nageoires antérieures.
En trente minutes, la ponte est achevée. Toutefois, celle-ci peut s’achever à tout
moment en raison d’un bruit anormal, d’une luminosité excessive…
La tortue comble le nid de sable humide qu’elle tasse doucement
avec ses pattes postérieures. Elle enfouit ensuite les œufs à 70
cm sous la surface.
Les nageoires postérieures creusent ensuite un puit en forme de bouteille
où seront déposés les œufs. A Bora Bora les nids observés
sur le motu, sont d’environ 60 à 120 œufs.
Dans une saison, une femelle vient en moyenne trois fois déposer
ses œufs à plus ou moins dix jours d’intervalle selon les
observations effectuées au Méridien. Ce qui a été remarqué c’est
que les lieux de ponte ne sont séparés que de 100
mètres environ les uns des autres.
Sortie du nid
Dans le sable, les œufs vont incuber environ 60 jours avant l’éclosion
des petites tortues.
La température du nid semble jouer un rôle très important.
Elle conditionne non seulement la durée d’incubation mais aussi la répartition
des sexes chez les petites tortues.
Les nouveau-nés restent quelques jours dans le nid ; par
mouvements ils chassent sous eux le sable qui surmonte le nid et
se retrouvent ainsi près de la surface.
La sortie du nid ou émergence est là aussi a priori déterminée
par la température puisque les nouveau-nés attendent qu’il fasse
frais.
Dès qu’ils sont sortis du nid, les bébés
se dirigent vers la mer, attirés par les reflets de la lune
et des étoiles ou l’écume de la mer.
On peut ensuite admirer les tortues nager vers le lagon, passer au dessus du
récif et s’éloigner en se laissent porter par le courant. Elles
se nourriront de zooplancton (larves de poissons, de crustacés, de céphalopodes…)
pour commencer leur croissance.
Les menaces
Les tortues, bien plus que d’autres animaux, par la solide boîte
osseuse qui les protège et par leur grande longévité,
paraissent douées d’une robustesse exceptionnelle.
Elles sont apparues il y a plus de 200 millions d’années ; elles ont été témoins
de l’extinction des Dinosaures au Crétacé et ont survécu
jusqu’à notre époque. Pourtant aujourd’hui, à la suite
de l’intervention de l’homme, les populations de tortues marines ne cessent
de décroître.
De nombreuses menaces pèsent sur ces espèces…
a) Chez les œufs et les bébés
Avant même sa naissance, la petite tortue risque de ne pas voir le jour.
Au moment le plus intense de la période de ponte, les œufs sont écrasés
par d’autres femelles creusant leur nid. Ils peuvent également être
attaqués par les rats, les chiens…
Les œufs peuvent également être détruits par
les marées cycloniques, les pluies torrentielles ou la sécheresse.
La sortie du nid est également très attendue par
les prédateurs naturels.
Les crabes, les Bernard l’Ermites et surtout les poissons carnassiers se nourrissent
la nuit, d’un grand nombre de petites tortues.
Le jour, elles sont systématiquement la proie des oiseaux
de mer d’autant plus redoutables et efficaces qu’ils ont leur progéniture à nourrir.
b) Chez l’adulte
La mortalité est plus faible chez l’adulte. En effet, les tortues adultes
ont très peu de prédateurs mais elles peuvent être attaquées
par des carnassiers tels que les requins.
Mais la menace la plus importante reste encore la menace humaine.
En effet, les tortues sont chassées pour leur chair (consommation)
ainsi que pour leur carapace qui est utilisée pour la réalisation
d’objets de décoration.
De plus, l’augmentation des activités humaines sur le littoral et leur
débordement sur les plages gênent énormément la
ponte (bruit…)
Beaucoup de tortues meurent également emprisonnées dans des chaluts
et les lignes de fond qui ne leur étaient pas destinées.
Enfin et surtout, les déchets dans l’eau (sacs en plastique…) peuvent être
pris pour des méduses et mangés par les tortues, entraînant
leur mort.
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